Mot de conclusion par André Billardon

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Je vous retiens chers amis encore quelques instants pour une brève conclusion sur trois points.


D'abord pour remercier. Toutes et tous pour votre présence. J'ai parcouru assez rapidement les 5 ateliers. Je dois dire avoir été impressionné par le sérieux à la fois des thèmes, des débats et des participants. J'ai aussi enregistré beaucoup de curiosité par rapport aux sujets traités, le tout dans un environnement de compétence des uns et des autres.

Et je veux évidemment remercier tout particulièrement ceux qui auront animé cette journée, mes collègues qui ont présidé les différents ateliers, les rapporteurs, débatteurs, les personnes ressources… tout cela encore une fois dans un contexte de compétence sur un sujet quand même aride pour l'essentiel puisqu'il s'agissait pour une large part de la question financière.

Ecoutant quelques propos tenus dans les ateliers, je me suis presque inquiété sur ce que pourraient être certaines réactions car les spécialistes de ces questions ont beaucoup insisté m'a-t-il semblé sur la réglementation, sur les lois qu'il convient de respecter, les documents qu'il faut remplir. Je prends un exemple, pour lequel je me sens très coupable en réalité : quelqu'un disait, je crois que c'était dans l'atelier qui se tenait dans cette salle, que la comptabilité, les bilans, devaient prendre en considération ce que j'appellerais volontiers les avantages en nature que la Ville apporte au monde associatif du Creusot, en pensant en particulier à la mise à disposition entre autres mais pas seulement de locaux, de services, que sais-je encore. C'est vrai que la réglementation y contraint, mais il est non moins vrai que nous ne sommes pas aujourd'hui en mesure de respecter cette réglementation. Pourquoi ? Tout simplement parce que cela exigerait de la Ville d'avantage de moyens, et en particulier d'avantage de personnel ; et que jusqu'alors, je le dis sans complexe, jusqu'alors nous ne nous sommes pas mis en état de répondre à cette exigence pourtant réglementaire. Je tenais à préciser ça pour vous déculpabiliser : je pense à ceux qui gèrent les finances des associations dans l'illégalité. Nous sortirons donc quand même de cette journée et de cette salle avec le sentiment que nous ne sommes pas si mauvais au Creusot. L'essentiel est que la vie associative continue à être vivante, dynamique, et que l'on soit une sorte d'intermédiaire entre les réglementations et l'intérêt public qui consiste d'abord à animer, se passionner, faire vivre nos associations, bref être au cœur de la vie de la ville. C'est ça je crois l'essentiel. Bref, il faut des réglementations, il faut être rigoureux dans la gestion, mais pour autant il faut faire tout ça avec l'idée essentielle que la vie associative c'est d'abord faire vivre un environnement de personnes qui prennent du plaisir à être ensemble, qui se passionnent pour le sport, qui se retrouvent pour des animations culturelles, qui sont orientées vers un sujet qui les rassemblent. C'est d'abord ça avant d'être un enjeu financier, même si l'enjeu financier est important, c'est d'ailleurs nous qui avons choisi ce thème pour cette journée. Je voulais le préciser parce que j'en oublierais presque ce qui a été dans cette journée une dimension très importante : le plaisir de se retrouver ensemble, d'avoir des échanges, un moment de convivialité, et puis de partager au bout du compte l'envie de faire progresser cette ville, de l'animer, de s'y rassembler. Je parlais du vivre ensemble ce matin, je crois que c'est tout ça qui conditionne la vie associative.

En tous cas, pour votre présence, votre participation, le climat que vous avez su créer tout au long de cette journée, la convivialité qui nous a réuni, un grand merci à toutes et à tous. Je voulais commencer par cela. Et j'ai bien compris que nous étions toutes et tous prêts à recommencer dans deux ans : c'est la première orientation que j'ai envie de prendre. D'ici là, nous avons le temps. Nous allons d'ailleurs faire une petite enquête auprès de vous pour choisir ensemble les thèmes que nous retiendrons. Nous serons probablement encore sur des thèmes sérieux : quelqu'un me soufflait tout à l'heure « comment gérer le risque que prend un militant associatif lorsqu'il prend des responsabilités ? » En termes d'assurances par exemple, ou en termes financiers. Tout cela fait partie de la vie de nos associations. Nous réfléchirons ensemble à ce que pourraient être les meilleurs thèmes qui nous rassembleront à nouveaux, dans le même climat, dans deux ans.


La deuxième réflexion, c'est pour vous dire quelques mots sur ce que va faire la Ville en 2009.

Ce matin j'ai évoqué la question des subventions en disant, je n'y reviens pas, que la Ville allait maintenir son effort en termes de subventions en 2009, donc c'est clair, c'est précis. Le montant de chaque subvention sera définitivement arrêté lors du vote du budget dans quelques semaines.

Deuxième aspect de l'action de la Ville : les services. Ca a été dit à plusieurs reprises dans le débat il y a quelques instants : l'engagement des services de la Ville est important pour la vie associative. J'ai évoqué ce matin la question de l'élargissement de l'offre de services du service Evénements et Vie Associative. Le service EVA deviendra à terme une sorte de centre de ressource bien au-delà de ce qu'il fait aujourd'hui. C'était un engagement que nous avions pris il y a deux ans, et qui a été confirmé à l'occasion du début du mandat municipal en cours. Dans les deux années qui viennent on aura créé les conditions pour que le service EVA devienne un centre de ressource un peu plus large en terme d'offre qu'il ne l'est aujourd'hui. Pour autant, il n'y a pas que le service EVA, il y a aussi les services en général : tous les services de la Ville qui travaillent pour ce que vous faites et ce que vous êtes et ils continueront comme ils le font aujourd'hui car chacun sait que nous sommes extrêmement attachés à cette notion de service public rendu par les services de la Ville et d'autres au monde associatif. Ils le font je crois avec beaucoup d'efficacité et de plus en plus de modernité.

Un mot sur les locaux. Il y a deux ans on avait parlé de Guynemer. Alors, je veux vous dire quelques mots du devenir de ce qu'on appelle encore au Creusot le foyer Mouillelongue, la maison des sociétés Mouillelongue. C'est le lieu qui accueille aujourd'hui à titre permanent le plus grand nombre d'associations dans notre ville. C'est à Mouillelongue que l'offre de locaux permanents pour les associations est la plus importante. Il y a eu un débat dans le passé pour savoir si compte tenu de la restructuration de la ville Mouillelongue resterait en place. Cette question a été tranchée : ce lieu continue et continuera à exister avec la destination qu'il a aujourd'hui c'est-à-dire qu'il restera un centre associatif conséquent. Il est devenu plus accessible avec l'ouverture de l'avenue de la Paix, et dans le même temps il s'est beaucoup dégradé au fil du temps. Il suffit de passer à côté puis d'y pénétrer : nous savons que ce lieu est assez dégradé et qu'il souffre d'un défaut d'entretien. La raison, je le dis tout net, c'est qu'il est à la disposition de la Ville par le biais d'une location puisque le propriétaire en est encore l'Opac. Nous sommes en train de mettre un terme à cette situation puisque la Ville est en train d'acquérir ce lieu. Nous serons au cours de cette année propriétaire de cette maison des sociétés Mouillelongue, et nous allons en entreprendre dès cette année la mise aux normes, la modernisation. Par exemple, nous allons doter cet endroit d'un ascenseur, parce que c'est un vrai problème. Nous allons aussi en assurer la rénovation parce que le défaut d'entretien est patent, et le « relooker » comme on dit aujourd'hui. Bref, nous en ferons un lieu associatif moderne, et encore une fois extrêmement important, d'autant qu'il est situé à un endroit qui est à nos yeux assez stratégique.

Je profite de l'évocation de cette question de Mouillelongue pour dire un mot du principe général de la mise à disposition des locaux de la Ville au bénéfice des associations. Je ne reviens pas sur le fait que nous ne sommes pas tout à fait dans les règles vu que les associations qui ont des locaux ne disposent pas de ce que ça représente en termes d'inscription budgétaire dans leurs comptes, information que devrait leur fournir la Ville. Nous ne le faisons pas, c'est comme ça, et j'ai dis pourquoi, je n'y reviens pas. Pour autant, nous conserverons le principe général de la gratuité de la mise à disposition de locaux aux associations de la ville. Il y a évidemment des adaptations et des exceptions, quand il s'agit en particulier de mises à dispositions occasionnelles, ça peut alors être payant. C'est le cas de L'ALTO : depuis le début l'utilisation de L'ALTO est payante, là aussi sauf extrêmes exceptions. De plus, pour certains prêts de lieux municipaux à titre occasionnel il y a une première mise à disposition qui est gratuite puis, quand ça se répète, il y a un aspect payant. Tout cela va rester dans le cadre actuel où c'est pour l'essentiel la gratuité qui est la règle, avec les exceptions et les aménagements que je viens d'évoquer. Je pourrais ajouter peut-être une exception : il faut que ce soient de vraies associations : c'est-à-dire qu'elles correspondent à l'objet associatif, je n'ai pas besoin d'insister sur cet aspect mais je le crois suffisamment important pour le signaler au passage.


Je termine par une troisième réflexion en prolongement de ce qui vient d'être évoqué à l'occasion de la table-ronde précédente sur l'organisation des événements.

Evidemment, toutes les associations de la ville n'organisent pas des événements de l'ampleur, de l'importance, du côté exceptionnel, de ce qui vient d'être présenté. Pour autant, il y a de plus en plus d'événements dans la ville qui sont organisés en direction soit des Creusotins, soit d'un public plus large. Un congrès national s'adresse par définition à des gens qui viennent de partout ; un championnat européen, dans le domaine du tennis de table, s'adresse à des sportifs devant de toute l'Europe… Et il y a aussi des événements exceptionnels qui s'adressent beaucoup aux Creusotins : les Giboulées par exemple, on invite évidemment les Creusotins à y être les plus présents possibles. Donc vous voyez, ce sont des événements exceptionnels, assez divers, assez larges et j'ajoute de plus en plus fréquents.

Je voudrais insister sur cet aspect parce que je crois qu'il faut être attaché à ces événements. C'est un moyen de vérifier la capacité qu'a Le Creusot d'accueillir, d'être ouvert sur le monde, donc il faut être très ouvert et très attaché à l'organisation de tels événements : cela contribue au rayonnement de la ville, et je crois que tout le monde est attaché ici, et ailleurs aussi, au rayonnement du Creusot. Il est évident que la ville est animée par un certain nombre de ces événements, donc nous sommes nous par excellence attachés à ce que des événements de cette ampleur, de cette nature, malgré leur diversité, puissent être organisés. Certains peuvent être organisés par la Ville, évidemment, mais nous comptons beaucoup aussi sur les associations pour qu'elles le fassent, et elles le font dans les domaines de la culture, du sport…

Je vous parle de tout ça pour attirer votre attention sur le fait que cela exige de la part de la Ville et de ses services, et surtout de ses services, beaucoup d'efforts. L'une des difficultés que nous avons est de programmer le calendrier. Je veux insister de ce point de vue sur trois points, très brièvement, après quoi je vous souhaiterai une bonne soirée.

D'abord sur la question de la motivation : certains ont très gentiment insistés sur le fait que finalement la ville était accueillante, ils n'ont pas dit généreuse, mais parfois il y a un peu de ça. On se tourne volontiers vers la Ville, en disant au Creusot il y a un peu de générosité : ça ce n'est pas une bonne motivation. Je veux dire, si une fédération sportive dit « je viens au Creusot pour tel événement parce que Le Creusot, allez, on va se le dire, ça nous coûte moins cher que d'aller ailleurs »… cette motivation ne me plaît pas trop ! Si à l'inverse il s'agit de reconnaître la capacité d'accueil de la Ville, s'il s'agit de s'appuyer sur une association creusotine, ou un club creusotin particulièrement dynamique, condition absolue pour que ça marche, alors nous sommes d'accord. Je parle franchement là : je ne veux pas que ce soit parce que nous sommes peut-être un peu plus généreux que d'autres. J'insiste là-dessus parce que nous sommes dans une période où les collectivités seront plutôt moins généreuses demain qu'elles ne l'étaient hier. Que ce soit donc bien clair entre nous, c'est parce que la ville est accueillante et parce que les associations y sont dynamiques que nous accueillons des manifestations de cette importance. Bref, une motivation parfaitement identifiée.

Deuxième chose, s'il vous plaît, qu'on le sache à l'avance car organiser de telles manifestations, je l'ai dis, exige de la part des services de la Ville des efforts importants. S'il se trouve que pour telle ou telle raison, parfaitement compréhensible, il y a le même week-end deux grandes manifestations, ça devient impossible à gérer pour nos services. D'ailleurs ça peut aussi être destructeur pour les organisateurs parce qu'il peut arriver que les événements soient en concurrence par rapport au public local : ce serait un comble. Je vous encourage à avoir des idées, à faire des propositions, mais je demande que nous ayons l'information suffisamment à l'avance.

Et je formule encore un rêve devant vous, c'est ma troisième idée : j'ai le secret espoir qu'on arrive à terme à avoir un calendrier de ce fleurissement d'événements qui se déroulent au Creusot. Et je demande qu'il y en ait encore davantage, mais il faudrait que nous puissions planifier l'organisation, le fonctionnement de nos services, et que nous puissions avoir, dans toute la mesure du possible, un calendrier étoffé tout au long de l'année : pour éviter à tout prix une concurrence qui serait destructrice. Donc, oui aux événements et aux grands événements, oui aussi à aboutir à terme un calendrier pour organiser tout cela.


Voilà les quelques réflexions que je voulais vous livrer en conclusion. Ce n'est pas moi que vous êtes d'abord venus écouter. Vous êtes venus participer à ce qui aura été, et que je vais clore maintenant, nos secondes Assises de la Vie Associative Creusotine. Je vous remercie encore une fois d'avoir participer. Je pense que nous aurons passé un moment certes studieux, mais pas seulement : c'était aussi un moment de convivialité qui traduit, je reprends une expression que j'ai dû utiliser à plusieurs reprises depuis ce matin, notre capacité à vivre ensemble dans cette ville. C'est une richesse incommensurable, dans une ville comme la notre et dans la période que nous traversons, de pouvoir vivre ensemble comme nous sommes capables de le faire. Merci, et bonne soirée.


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