Introduction par André Billardon

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Je veux vous souhaiter la bienvenue à cette 2 e édition de nos Assises de la Vie Associative Creusotine. En regardant la salle de là où je suis, je la vois bien remplie, et j'en suis naturellement, au nom de mes collègues et en mon nom personnel, très heureux. Merci d'être venus si nombreux : ça prouve l'intérêt qu'il y a à se réunir pour parler, dialoguer, confronter les points de vue, poser des questions sur la vie associative…


Je voudrais insister d'abord sur un point. Il faut concevoir ce rendez-vous avant tout comme un lieu de dialogue, de rencontres. Le monde associatif creusotin est abondant ; il y a beaucoup d'associations, elles sont diverses et en général très actives : il est donc utile de pouvoir se rencontrer pour se parler.

D'abord pour vous parler entre vous, car il n'est pas habituel que des responsables associatifs du monde sportif rencontrent ceux du monde culturel, que le monde culturel rencontre le monde solidaire, que le monde solidaire rencontre les organisations d'anciens combattants, etc. Je pourrais continuer ainsi longtemps… Hormis le fait que certains d'entre vous peuvent avoir plusieurs sujets d'intérêt, il n'est pas fréquent que l'on se rencontre dans ces circonstances. Ces Assises sont donc d'abord un lieu de rencontre entre vos diverses associations, avec pour objectif que vous preniez du plaisir à vous parler.

Ensuite, cette journée est aussi utile pour nous rencontre, les associations et les élus de la Ville car, pour dire les choses le plus simplement possible, nous avons partie liée dans cette affaire : nous ne pouvons pas fonctionner autrement qu'ensemble et bien ensemble. Vous avez évidemment besoin des moyens de la Ville : les moyens financiers immédiats avec les subventions, mais également les moyens de nos services et ce n'est pas une mince affaire l'organisation des services de la Ville pour répondre aux besoins, aux attentes, aux espérances, à tout ce que vous faites… Bref, vous avez besoin des services, et la plus grosse intervention de la Ville en direction du monde associatif, c'est sans doute la mobilisation des services, entre autres les services techniques. Et il y a enfin nos moyens : des lieux, des locaux, des salles, des terrains, que sais-je encore… tout ce que vous trouvez auprès de la Ville.

Et en même temps, beaucoup d'événements, d'occasion de rencontres, d'actions soit quotidiennes soit exceptionnelles ne peuvent exister au Creusot si ce n'est pas vous qui les organisez. Vous faites exister la ville, grâce à votre capacité à organiser, à vous mobiliser, à venir à l'aide de certains, à regrouper des jeunes, que sais-je encore… Bref, la ville a besoin de vous pour être accueillante, animée et simplement vivante.

Voilà pourquoi je dis que nous avons partie liée, la Ville et un monde associatif particulièrement riche, du fait de l'histoire du Creusot. Ces assises sont donc un lieu de dialogue.


Elles sont aussi un lieu d'information et de réflexion. C'est comme ça que nous l'avons conçu cette année. Il y a deux ans, ceux et celles qui avaient participé à la première édition se souviennent sans doute que nous avions balayé un nombre important de thèmes de débat, dans une organisation un peu différente de celle que nous avons retenue pour cette édition. Et je me souviens qu'en parlant simplement avec les uns avec les autres, soit à la fin soit à la mi-journée, était apparue l'idée que c'était bien que la première édition soit une édition avec des thèmes divers mais que si nous continuions il fallait prendre un thème majeur. Et donc nous avons fait le choix, pour cette édition de retenir le nerf de la guerre c'est-à-dire de retenir la question des finances. C'est sans doute un peu plus abrupt parfois, un peu plus austère que certains autres thèmes, mais la question des finances est évidemment centrale.

Je ne peux pas ne pas replacer la question des finances des associations dans le cadre plus général des finances de la Ville, voire des finances publiques. Lorsque nous avons retenu le thème des finances nous n'avions pas imaginé à l'époque que la toile de fond de cette journée serait la crise que tout le monde connaît aujourd'hui, et que l'on entend, que l'on constate, que l'on voit à la télévision, bref, qui pèse lourdement sur la société. Et évidemment, pour un certain nombre d'associations, peut-être pour un grand nombre, la question de la crise, au cœur de la vie de notre société, va peser sur certains budgets : je pense par exemple aux associations qui s'occupent d'accueillir les plus défavorisés de nos concitoyens, il est évident que leurs finances vont être impactées par la crise actuelle. D'autant plus qu'une partie des finances dont vous pouvez disposer viennent du budget de la Ville, budget lui-même concerné par l'état des finances publiques. Bref, la question des finances est dans l'actualité.


J'en profite pour répondre tout de suite à une interrogation qu'on me formule parfois ainsi : "Allez-vous au Creusot faire comme dans certaines villes, avec la crise et face aux difficultés financières, diminuer l'aide sous forme de subventions aux associations ?" Beaucoup de communes sont aujourd'hui sur cette logique, avec des explications que l'on peut comprendre. Alors, je réponds tout de suite : nous allons maintenir l'effort financier de la Ville sous la forme de subventions en direction des associations en 2009 ! Quand on sait que les subventions représentent environ 18% des impôts collectés, on comprend l'ampleur du problème. C'est un choix que l'équipe municipale a fait : l'effort financier sous formes de subventions en direction du monde associatif creusotin sera maintenu en 2009. Ce qui ne veut pas dire que chaque association peut compter exactement sur ce qu'elle avait l'année précédente, car les règles de répartition de cette enveloppe globale dépendent du thème et d'un certain nombre de concertations. Les choses ne se passent pas de la même façon en culture ou dans le sport : les adjoints sont en train de travailler sur ces questions. Nous sommes dans un cadre de maintien de l'effort, et ça suppose évidemment de notre part un exercice un peu compliqué.

Il y a plusieurs raisons à notre choix. La première c'est ce que j'ai dit sur la place des associations dans la ville. Vous avez besoin de cet accompagnement, c'est pourquoi nous avons voulu le maintenir. Je pense en particulier aux associations qui ont du personnel. L'ensemble de l'économie sociale est confronté à un certain nombre de difficultés, il est donc légitime que nous répondions à votre besoin. La deuxième raison, c'est que dans ce contexte de crise beaucoup de gens ne sont pas bien dans leur tête, ils ne redoutent pas seulement l'avenir mais même leur présent. Dans un tel contexte il faut tout mobiliser pour maintenir le lien social, le vivre ensemble, parce que lorsqu'on vit ensemble on affronte peut-être un peu moins mal, je ne dis pas mieux, un peu moins mal les difficultés du moment. Le vivre ensemble est indispensable dans une société qui se déstructure comme aujourd'hui. Voilà une raison forte qui nous a conduits à vouloir maintenir l'effort de la Ville pour les associations. Il faut que le lien social perdure, car nous en avons plus que jamais besoin : quand c'est plus difficile, il faut plus de lien social. Mais ce lien social a un coût, nous sommes donc obligés d'arbitrer entre des priorités.


Je terminerai par un compte-rendu des suites des précédentes Assises, il y a deux ans. Nous avions conclu sur quatre points.

Premier point : il faudra recommencer. Nous sommes là, ensemble, c'est déjà l'essentiel, le pari a été tenu. Objectivement, ce n'était pas le plus difficile…

Deuxième point : les choix de la Ville devront être totalement transparents, qu'on sache pourquoi telle subvention, qu'on connaisse l'utilisation des locaux, pourquoi la municipalité a pris telle ou telle décision… Nos relations, entre la Ville du Creusot et les associations, doivent être de totale transparence. Pourquoi faire ? Pour que tout se déroule dans la meilleure confiance possible, naturellement. Nous avons encore des progrès à faire, mais nous avons déjà bien progressé : je ne reçois d'ailleurs plus de contestation significative. Nous avons peut-être un peu plus de comptes à rendre, mais il est possible de dire que les relations sont bonnes, confiantes. C'est donc qu'il y a plus de transparence, que l'information est au moins disponible, même il y a toujours des progrès à faire. Bref, pour ce qui est du deuxième engagement, la transparence, apporter des réponses à toutes les questions, je crois que nous ne nous comportons pas trop mal.

Troisième engagement : la maison des associations Guynemer, qui n'était qu'un projet à l'époque. Elle est aujourd'hui en fonctionnement : le lieu est moderne et répond je crois aux besoins. Nous avons réussi à offrir d'avantages de lieux aux associations, et il n'y a plus guère sauf à la marge de sujet d'insatisfaction. Le troisième engagement pris a donc obtenu réponse.

Par contre, la quatrième conclusion de nos Assises n'a pas encore trouvé réponse à ce jour. Il s'agissait pour le service auquel vous avez souvent recours, le service municipal EVA (Evénements et Vie Associative) d'élargir sa gamme de compétences, d'élargir l'offre, ce que vous pouvez trouver auprès de ce service. Traditionnellement que trouve-t-on au service EVA ? C'est la mise à disposition de salles, en particulier pour des réunions ponctuelles, des assemblées générales, des occasions de rencontre, etc. C'est la fonction habituelle du service EVA. Il y a aussi le matériel : c'est là que vous demandez les tables, les chaises, les barrières Vauban, que sais-je encore, c'est-à-dire tout ce qui permet d'organiser des événements. Le matériel est là à disposition, il n'y a pas trop de problèmes, sauf certains week-ends au printemps, c'est donc à peu près satisfait. Par contre, nous avions ensemble souhaités que le service EVA puisse être un lieu ressource en matière d'information, peut-être aussi en offrant d'autres moyens techniques de duplication ou de communication moderne. Tout cela n'est pas satisfait aujourd'hui. C'est dans le programme du mandat municipal, nous le ferons, mais il faut être honnête : l'extension de l'offre aux associations, ça a un coût. L'idée est que ces services soient développés à l'occasion des prochaines Assises, c'est-à-dire probablement dans deux ans. Il faut replacer tout ça dans le cadre d'une gestion prudente des finances de la Ville ; et vous connaissez de ce point de vue, peut-être plus que ma prudence, une forme de rigueur qui me paraît indispensable pour que nous puissions tout simplement continuer ensemble. Bref, dans ce cadre de prudence et de rigueur de gestion, nous avons l'intention de satisfaire ce quatrième engagement qui n'a pas encore obtenu la réponse souhaitée.


Le programme, c'est par ici...